La saignée _ Cédric Sire

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Résumé

Résumé

Sur le Dark Web, il existe des espaces interdits au commun des mortels où les voyeurs de la pire espèce assouvissent leurs pulsions.

Estel Rochand a été écartée de la police à la suite d’une terrible bavure qui a causé la mort d’une innocente. Sa vie est en miettes, son couple à la dérive. Désormais garde du corps de seconde zone, cette ancienne championne de boxe se fraie un chemin dans l’existence comme elle l’a toujours fait : à coups de poing.

Prise dans un engrenage infernal, Estel a de plus en plus de mal à contrôler ses accès de violence.

Quentin Falconnier, policier spécialisé en cybercriminalité, enquête sur un site du Dark Web, qui propose des vidéos de torture et de mise à mort en direct.

Qui peut bien se cacher derrière cette « red room » appelée La Saignée, diffusant des meurtres à la perversité absolue ?

Le jeune homme se lance corps et âme dans cette nouvelle croisade : découvrir l’identité du coupable derrière le masque du bourreau, et l’arrêter. Coûte que coûte.

Mon ressenti

Cela faisait un moment que je voyais passer le nom de cet auteur en tant que maître du thriller français. Sa réputation le précède, il est bien souvent décrit comme un auteur dont les livres ne font pas dans la dentelle. Meurtres sanglants et morbides, je dois bien reconnaître qu’il me faisait un peu peur.

Le dark-web et les red-rooms

Et en effet, si vous êtes amateurs de sueurs froides, vous allez être servis. Mais à ma grande surprise, cela ne m’a pas dérangée. Plus que des détails morbides, c’est surtout l’histoire qui nous glace le sang. Car nous ne sommes pas si éloignés que ça de la réalité. Le dark web existe bien, et nous avons malheureusement déjà entendu parler de vidéos funestes. Des vidéos montrant un suicide ou des actes de violence envers les animaux. Le voyeurisme atteint son paroxysme lorsque, caché derrière son écran, on peut visionner des horreurs en toute impunité.

Ici, l’auteur nous emmène dans l’endroit le plus sombre du Darknet et nous fait entrer dans un mythe peut-être réel : les red-rooms ( chambres rouges). Site thématique sur lequel des personnes pourraient payer très cher pour voir un meurtre en direct. Dans la réalité, aucune redroom n’a encore été trouvée, celles se vantant d’en être étant des supercheries, des mises en scène. Mais des personnes sont prêtes à perdre des milliers pour ça !

Dans la saignée, une red-room existe bel et bien. Et, en plus de tuer la personne assise sur le fauteuil au milieu de cette pièce au carrelage, le bourreau torture la victime. Chaque acte du bourreau est décidé par le Saigneur, le voyeur qui aura payé le plus cher.

Une intrigue extrèmement bien ficelée

Au delà du caractère ultra violent et pervers de l’histoire, l’intrigue est extrèmement bien conduite et je dois honteusement reconnaître que j’ai enchaîné les pages les unes après les autres. Et je pense savoir pourquoi le côté sanglant ne m’a autant dérangée que je ne l’aurais cru. Tout d’abord, les scènes détaillées ne pas si nombreuses. Il y en a une d’emblée, dans le prologue. Mais celle-ci semble indispensable pour nous plonger dans l’histoire. Une autre scène de quelques lignes seulement est présente au milieu. Pour un roman de 600 pages, c’est plutôt raisonnable. Tout le côté pernicieux se trouve dans l’intrigue de base. C’est psychologique. Imaginer que des personnes prennent un malsain plaisir à en voir d’autres souffrir.

En plus d’avoir imaginé une intrigue époustouflante, l’auteur a su me manipuler avec brio. Le personnage d’Estel est très ambigü et le doute que ce soit elle le bourreau persiste jusqu’à la fin. Parfois, ses accès de violence et ses pertes de connaissance nous laissent entendre qu’elle pourrait être celle qui fait subir toutes ces horreurs aux victimes. Mais d’un autre côté, le personnage nous est présenté comme empathique envers les autres, on ne l’imagine pas un instant s’en prendre à une de ses amies (qui a disparu). Ainsi, tout le long du roman, la question se pose. Au début, ça nous paraît trop gros pour que ce soit ça. Pourquoi écrire 600 pages si on a la réponse dès le début. Puis, au fil du récit, le doute se fait de plus en plus ressentir. L’auteur a un talent certain pour nous retourner le cerveau.

Une petite déception

Même si j’ai dévoré les 600 pages en deux jours, la fin m’a légèrement déçue. D’une part, je l’ai trouvé trop longue alors que le reste du roman défile à toute vitesse. D’autre part, il y avait trop de violences et de rebondissements. Que l’auteur nous réserve un effet de surprise ne me dérange pas. Mais en à peine une centaine de pages on a de multiples renversements de situation. Cela me paraît un peu gros.

Toutefois, cela ne m’a pas empêchée d’apprécier grandement ma lecture. Je suis rassurée quant au côté gore tant décrié par certains, il n’est pas si présent que ça et surtout lorsqu’il y en a, c’est pour servir l’histoire. Les scènes sanglantes ne sont pas là gratuitement. Cependant, les quelques scènes sont vraiment violentes et difficiles à supporter sans devoir faire une pause le temps de digérer. Ca ne pourrait pas convenir à tout le monde.

Les chapitres sont courts, le rythme est intense. L’auteur a une plume très agréable, on ne s’ennuie pas un instant ! J’ai vraiment adoré ma lecture. Si ce n’est pas un coup de coeur, c’est vraiment à cause de la fin qui m’a laissée un peu dubitative.

Note : 4.5 sur 5.

Merci aux éditions Fayard et à NetGalley pour cette lecture.

Mes challenges

Cette lecture m’a permis de valider la catégorie 67 du challenge annuel. Livre dans lequel on retrouve une marque de voiture.

Elle m’a également permis de valider la catégorie 8 du challenge d’automne. Lire un thriller.

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3 commentaires
  1. […] Lire l’article complet […]

  2. PHILIPPE D dit

    Je ne sais pas si je lirai encore cet auteur, car je trouve qu’il y va fort !
    Bon, là, tu lui mets quand même une excellente note. Je me laisserai peut-être encore tenter…
    Bon dimanche.

  3. […] C’est un livre qui fait du bien. Et une fois de temps en temps, surtout après avoir lu des thrillers bien angoissants, ça ne fait pas de mal au […]

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