La femme d’un autre et le mari sous le lit

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Résumé

La femme d’un autre et le mari sous le lit

Persuadé que sa femme le trompe, Ivan Andréiévitch est prêt à tout pour confondre l’infidèle. Il la suit et la guette pendant des heures, il l’espionne et ouvre son courrier à la recherche d’une preuve, il se cache et se ridiculise…

Mon ressenti

Du Vaudeville

Voici un court texte méconnu écrit par Fédor Dostoïevski. Méconnu et pourtant … Quel agréable moment passé ! J’ai lu cette nouvelle d’une traite, sans m’arrêter. J’ai eu le sentiment d’être au milieu d’une pièce de théâtre. Un Vaudeville, avec le triangle amoureux. Le mari, sa femme et son amant. Le mari, sans cesse ridiculisé, que ce soit dans son style vestimentaire, sa calvitie naissante. Ou encore sa jalousie excessive. Et la femme, jeune, volage, et infidèle, mais qui ne se fait jamais pincer.

Deux parties

La nouvelle est scindée en deux parties. La première partie se déroule dans la rue, deux hommes attendent devant un immeuble. L’un d’entre eux attend de voir si son épouse sort de l’immeuble, persuadée qu’elle y est avec son amant. Le deuxième semble y attendre son amante. Les quiproquos entre les deux hommes sont nombreux et même le lecteur finit par s’y perdre. Il semblerait cependant que le deuxième homme soit donc l’amant de la femme du premier. Hormis quelques passages descriptifs, qui font penser aux didascalies du théâtre, cette partie est un unique dialogue entre les deux hommes.

La deuxième partie est différente. Elle commence au théâtre. Le mari inquiet, Ivan Andreievitch, y trouve sa femme, qui n’est pas censée y être. Elle est entourée de plusieurs hommes, dont sûrement un de ses amants. Mais Ivan n’arrive pas à les distinguer. A l’entracte, un papier tombe sur la tête de notre bonhomme, sur lequel un rdv est indiqué.

Mais l’aventure qui arriva à Ivan Andréiévitch n’a jusqu’à présent été décrite nulle part. Ce qui tomba sur sa tête – assez dégarnie comme il a déjà été dit -, ce ne fut pas un programme. j’avoue que je me fais même conscience de dire ce qui lui tombe sur la tête, car il est réellement quelque peu désobligeant de faire savoir que sur le chef respectable et dénudé, c’est-à-dire partiellement privé de cheveux, d’un homme jaloux et exaspéré comme Ivan Andréivicth se posa un objet aussi immoral que, disons le mot, un parfumé billet doux.

L’homme n’a aucune idée de qui l’a écrit mais se persuade qu’il s’agit de sa femme. Il se rend alors sur le lieu du rendez-vous et pénètre dans l’appartement. Ivan se retrouve alors dans la chambre d’une dame, dont le mari arrive justement. Il tente alors de se cacher sous son lit … où se trouve déjà un autre homme. Les deux hommes sont alors coincés, chacun persuadé d’être l’amant de la femme, tandis que le mari tente de faire la discussion avec son épouse. Cela donne une situation très cocasse.

Je ne sais pas pour qui se prit Ivan Andréiévitch, à cette minute, j’ignore ce qui l’empêcha d’attendre de pied ferme le mari, de lui expliquer qu’il avait fait un pas de clerc, d’avouer qu’il avait inconsciemment agi de la manière la plus inconvenante, d’en demander pardon et de s’eclipser – sans grand honneur, sans gloire certes, mais au moins loyalement et franchement. Non […] Il commença par se dissimuler derrière les rideaux du lit, puis, perdant toute présence d’esprit, il se laissa tomber à terre et, stupidement, se fourra sous le lit. […] Ce qu’il y a de plus étonnant, c’est que la dame n’avait fait aucune opposition; elle ‘navait pas crié en voyant ce monsieur d’un certain âge au très étrange comportement chercher asile dans sa chambre à coucher. […]

Et quelle fut alors sa stupeur en palpant de la main un objet de la main qui, à son immense surprise, bougea et le saisit à son tour par la main ! Il y avait sous le lit un autre homme…

Ainsi, dans ce court récit, Fédor Dostoievski tente d’amuser son lecteur. Il ridiculise les maris, toujours plus agés que leurs épouses. Il semblerait que ce changement de registre n’ait pas forcément plu à certains de ses lecteurs à l’époque. Chaque récit qu’il publiera après Les pauvres gens sera considéré comme une nouvelle chute de l’auteur de la part de ses critiques. Pourtant, la qualité littéraire est bien présente. Et quel burlesque ! J’ai adoré !

J’ai passé un excellent moment à lire cette nouvelle. Ca m’a donné envie de découvrir d’autres textes de cet auteur dont j’avais déjà lu Le joueur.

Note : 4 sur 5.

Quel autre roman de Dostoïevski me conseilleriez-vous ?

Mes challenges

Cette lecture m’a permis de valider la catégorie 7 du challenge mensuel. Quatrième avec le nom du traducteur.

Elle m’a également permis de valider la catégorie 13 de l’annuel. Lire un auteur classique russe.

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2 commentaires
  1. Eneeh dit

    Je dois le lire! Il faut juste que je le trouve.

    1. SeriaLectrice dit

      Il se trouve facilement en librairie, pour 2€ 🙂

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