Les possibles _ Virginie Grimaldi

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Résumé

Les possibles

Juliane n’aime pas les surprises. Quand son père fantasque vient s’installer chez elle, à la suite de l’incendie de sa maison, son quotidien parfaitement huilé connaît quelques turbulences.

Jean dépense sa retraite au téléachat, écoute du hard rock à fond, tapisse les murs de chefs sioux, égare ses affaires, cherche son chemin.

Juliane veut croire que l’originalité de son père s’est épanouie avec l’âge, mais elle doit se rendre à l’évidence : il déraille.

Face aux lendemains qui s’évaporent, elle va apprendre à découvrir l’homme sous le costume de père, ses valeurs, ses failles, et surtout ses rêves.

Tant que la partie n’est pas finie, il est encore l’heure de tous les possibles.

Mon ressenti

Alors que je n’avais pas été très emballée par mon premier roman de cette romancière à succès, c’est avec une agréable surprise que j’ai adoré cette lecture. Je peux le dire d’emblée, il s’agit même d’une très belle découverte. Il n’a rien à voir avec le roman précédent. Ici, pas d’histoire d’amour dont on connaît la fin dès le début. Virginie s’attaque à un sujet plus grave. La maladie.

Alors que son père vient de perdre sa maison dans un incendie, Juliane l’accueille chez elle. Mais la cohabitation avec un père plutôt original n’est pas de tout repos. Jean a toujours été un excentrique. Alors Juliane ne se doute pas immédiatement que ce dernier commence à perdre la tête. Mais rapidement, elle est obligée d’ouvrir les yeux : son père yoyote de la cafetière.

C’est pour nous que c’est grave. Lui, il perd sa carte vitale. Nous, notre père.

Les possibles, Virginie Grimaldi

C’est avec beaucoup de justesse mais aussi d’humour que Virginie Grimaldi aborde le thème de la maladie. Une maladie dégénérative qui ressemble à l’Alzheimer, mais ne l’est pas. Jean va passer son temps à chercher sa carte vitale, qu’il perd à tout bout de champ. A tel point, que ça devient un running gag. Et c’est à chaque fois un fou rire ! Il y a aussi les merles dans le cerisier en plein mois de janvier, la collection de CDs qu’il va accrocher dans l’arbre au grand dam du mari de Juliane. Puis, petit à petit, la perte d’autonomie. Jean qui part dans un magasin et se retrouve à 80 km à l’opposé, perdu au milieu de nulle part.

Les personnages sont attachants. Juliane, sur tous les fronts, affronte sa vie de mère, de femme , d’employée et d’aidant. Je me suis beaucoup retrouvée dans le personnage de Juliane, dans son caractère. C’est peut-être aussi pour cela que j’ai tant appréciée cette lecture. Juliane, c’est moi. Ses craintes sont les miennes. Gaétan, son époux n’est pas en reste. Pas une seule fois il ne se plaindra de devoir supporter Jean chez lui. C’est un homme compréhensif, et même si Juliane reconnaît qu’elle regrette qu’ils n’aient pas vécu une grande passion amoureuse, il représente l’homme dont rêverait chaque femme dans son foyer. Charlie, son fils dysphasique, brimé par ses camarades car il est différent des autres. Jean va lui apprendre à accepter sa différence, lui qui n’a jamais voulu faire comme tout le monde.

Je suis épuisée.

J’achète son tabac, ses médicaments, je gère ses comptes, je ramasse les emballages qu’il jette par terre, je tire la chasse derrière lui, je nourris Apache, je réponds à ses vingt appels quotidiens, je cherche ses lunettes, ses cigarettes, sa carte vitale, ses chaussettes, son livre, ses CD, son caleçon, sa brosse à dents, son rasoir, je lui rappelle ses rendez-vous, ses traitements, je m’occupe de ses papiers, des travaux de sa maison, je le motive à se laver, marcher, s’habiller, je nettoie le café qui a coulé sans la tasse pour le recevoir, je dégote son code PUK chaque fois qu’il entre trois codes PIN erronés, je tiens un registre de ses mots de passe, je l’accompagne aux rendez-vous, je répète inlassablement les mêmes réponses aux mêmes questions.

Les possibles, Virginie Grimaldi

Mon seul regret réside dans la fin du roman. Juliane, avec l’aide de sa soeur, va réaliser le rêve de Jean. Ce passage manque cruellement de réalisme à mes yeux, surtout que Jean décline de plus en plus. Même si je comprends le message qu’a voulu faire passer l’autrice. Qu’il faut réussir à lâcher prise et laisser plus de liberté à la personne malade. Jean, malgré sa maladie, garde une certaine lucidité et ne comprend donc pas pourquoi on le prive de sa voiture, ou bien qu’on emploie une aide-soignante chargée de lui donner ses médicaments.

C’est vraiment un des plus beaux romans que j’ai lu dernièrement. Un roman sur l’amour d’une fille pour son père et de l’amour d’un père pour sa fille. Un roman tendre et émouvant.

Note : 4.5 sur 5.

Merci aux Editions Fayard et à NetGalley pour cette lecture !

Mes challenges

Cette lecture m’a permis de valider la catégorie 18 du challenge annuel, proposé sur le groupe La tête dans les livres.

Elle m’a également permis de valider la catégorie 9 du challenge mensuel. Référence au cinéma (avec la route 66)

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1 commentaire
  1. PHILIPPE D dit

    Grimaldi, parfois j’aime, parfois pas, ça dépend ! Si elle vient avec son humour potache, je n’aime pas.
    Celui-ci, je le lirai quand il sortira en poche.
    Bonne fin de semaine.

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