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L’empreinte de sang _ Austin Freeman

Résumé

Des diamants ont été dérobés dans le coffre-fort d’une entreprise. Seuls trois hommes possédaient les clés au moment des faits : John Hornby – le patron – et ses neveux : Walter et Reuben, mais aucun de ces hommes n’a pu moralement commettre un tel vol. Pourtant la science des empreintes digitales, adoptée récemment par Scotland Yard, accuse Reuben. En effet, le voleur s’est blessé, laissant une empreinte sanglante à l’intérieur du coffre-fort… Reuben clame son innocence, mais les preuves contre lui sont accablantes. Le Dr Thorndyke, célèbre expert médico-légal, est chargé de l’enquête. Avec l’aide de Christopher Jervis, son ami médecin, et de son assistant, le fidèle Polton, il soumettra l’affaire à un examen scientifique minutieux. Aucun indice ne sera laissé de côté. Même le plus insignifiant… »

Mon ressenti

Richard Austin Freeman est un auteur britannique du début du XXè siècle, tombé dans le domaine public. Ses oeuvres sont donc disponibles gratuitement. Les éditions Flamant Noir ont décidé de rééditer ses textes et de réviser leur traduction afin de « promouvoir la culture littéraire et permettre aux lecteurs de (re)découvrir les écrivains des siècles derniers ».

Un roman policier original

Des diamants ont été dérobés dans un coffre auquel seules trois personnes ont accès. John Hornby, le propriétaire, Walter et Reuben Hornby ses neveux. Le voleur semble avoir cependant été négligent et a laissé une nette empreinte de son pouce dans une goutte de sang après s’être blessé. Cette empreinte, rapidement examinée par les experts de Scotland Yard, est celle de Ruben. Tout porte donc à croire que c’est lui le coupable. Mais ce serait bien trop simple. D’autant plus que personne dans son entourage, même la victime, ne semble croire qu’il pourrait être coupable. L’avocat de la défense va donc faire appel au Dr Thorndyke, expert médico-légal afin qu’il examine cette empreinte de plus près. Il sera assisté par le narrateur, le Dr Jervis, et par son assistant Polton.

Pour éclairer sa vision, il n’hésitera donc pas à aller interroger les différentes personnes que Reuben cotoie au quotidien et une certaine Juliet viendra leur apporter de nombreuses informations. Accablée par l’arrestation de son ami, elle sera d’une grande aide aux deux experts.

Mais surtout, le Dr Thorndyke examinera avec beaucoup d’attention cette empreinte de sang. Nous suivons avant tout une enquête scientifique. Il ne faut d’ailleurs pas oublier que la méthode permettant de comparer des empreintes n’a alors que quelques années, celle-ci datant de la fin des années 1800. Pas d’ordinateur et de logiciel ultra-puissants pour les comparer. Il fallait alors photographier les empreintes, les agrandir, les quadriller ou entourer certaines parties importantes.

Un procès

Cette enquête nous mène jusqu’au procès. Moment le plus interressant selon moi dans ce roman. On s’y croirait ! J’avais vraiment l’impression d’être assise dans le public d’une salle d’audience. Le juge, les jurés, les avocats, les témoins, les serments sur la Bible. Tout y est et c’est assez surprenant de voir combien ce procès du début des années 1900 ressemble aux procès tels qu’on peut les imaginer à notre époque. Seule phase qui semble manquante est celle d’instruction durant laquelle la défense et l’accusation doivent se présenter leurs pièces et leurs conclusions. Ici, le Dr Thorndyke fait justement le choix de ne rien dévoiler à l’accusation pour les surprendre et ne pas subir de contre-attaque.

La partie qui se concentre sur le procès peut contenir quelques longueurs car les faits sont régulièrement répétés par le juge et par les avocats. Mais le plus intéressant reste les auditions des témoins et des experts. Des moments savoureux.

Des péripéties et de l’humour

Loin d’être de simples docteurs derrière leurs microscopes, les Dr Thorndyke et Jervis vont connaître quelques événements majeurs qui vont les inciter à croire plus formellement à l’innoncence de Reuben. En effet, le véritable coupable n’hésitera pas à attenter la vie du Dr Thorndyke à plusieurs reprises. D’ailleurs, le criminel n’hésitera pas à utiliser un ingénieux système pour tenter de tuer Thorndyke qui, grâce à son obversation très fine, s’en tirera à bon compte.

Ce roman ne manque pas non plus d’humour. Tout d’abord entre l’amour naissant entre Juliet et Jervis, le narrateur. Comme nous suivons ses pensées, nous avons bien entendu droit à ses états d’âme sentimentaux. Tiraillé entre son attirance pour cette jeune femme et la nécessité de devoir rester le plus neutre possible dans cette affaire.

Enfin, la femme de John Hornby, Mrs Hornby, nous réserve un somptueux moment de distraction au moment du procès. Totalement destabilisée par l’accusation de son neveu, elle est hilarante lorsqu’elle répond aux questions de l’avocat de la défense, qui ne cesse de s’agacer.

Ce fut donc une lecture très agréable, savant mélange entre l’inspecteur Colombo et Sherlock Holmes. Austin Freeman est d’ailleurs ensuite considéré comme le fondateur de la méthode d’investigation inversée, structure où le lecteur se voit narrer comment le criminel effectue son crime.

Note : 4 sur 5.

Mes challenges

Cette lecture m’a permis de valider la catégorie 86 du challenge annuel, Un histoire qui se déroule à Londres.

Merci aux éditions Flamant Noir et à NetGalley pour cette lecture.

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