Résumé
Sadler’s Wells, Londres, 1933. Depuis le décès de leur père et l’entrée de leur mère dans un hôpital psychiatrique, Clara et Olivia ne peuvent se reposer que l’une sur l’autre. Disciplinée et déterminée, Olivia est la ballerine parfaite. Mais peu importe qu’elle s’épuise au travail, elle ne pourra jamais atteindre l’attrait de sa sœur jumelle, Clara, rebelle et indépendante. Sans savoir qu’elle a elle-même un admirateur secret, Olivia est jalouse du charme de sa sœur qui a conquis le pianiste Nathan Howell. De son côté, elle ne sait pas que l’un des visiteurs habituels du Sadler’s Wells n’est là que pour elle : Samuel, un apprenti fabricant de chaussons de ballet, qui passe autant de temps qu’il peut à l’observer répéter… Olivia commence à devenir jalouse de l’adoration de Nathan pour Clara, alors que Clara découvre qu’être adorée peut être étouffant au possible… Samuel rêve d’être vu par Olivia et se demande jusqu’où aller pour arriver à son but, tandis que Nathan, prodige de la musique depuis l’enfance, tente de s’adapter aux difficultés de la vie d’adulte et commence à faire fondre les lignes entre la réalité et son monde imaginaire extrêmement sombre… Alors que les répétitions s’accélèrent pour le ballet Coppélia, Clara et Olivia ont l’impression d’être de plus en plus observées. Et elles vont se rendre compte que l’admiration peut rapidement tourner à l’obsession et les conséquences néfastes que cela peut entraîner.
Mon ressenti
Londres, 1933. Clara et Olivia sont deux sœurs jumelles qui dansent au sein de la compagnie Vic-Wells Ballet. Tout les oppose. Olivia est assidue et très sérieuse. Mais Clara, malgré son manque d’investissement, est celle qui récupère toutes les louanges. Chaque sœur a son admirateur. Ainsi Samuel, fabriquant de pointes, idolâtre Olivia dans l’ombre sans jamais oser lui parler. Clara, quant à elle, est avec Nathan, dont le comportement devient de plus en plus inquiétant au fil des pages.
Dès le prologue, on se doute qu’un drame va se produire, mais celui-ci met beaucoup trop de temps à arriver. Pendant les deux tiers du roman, il ne se passe pas grand-chose. On tourne en rond avec Clara et Olivia. On assiste à leurs entraînements, à leur quotidien dans le monde du ballet. Lucy Ashe connaît parfaitement le monde de la danse, ça se ressent dans son écriture. Mais connaître son sujet ne suffit pas à faire un bon roman. Même si j’ai énormément appris sur le sujet, j’ai trouvé le roman beaucoup trop lent. Pourtant, côté écriture, je n’ai rien à redire. La plume de l’autrice est vraiment très belle.
Le plus frustrant, c’est que les ingrédients sont là. La relation entre les deux sœurs, faite de jalousie et d’amour fusionnel, est au cœur du roman. Mais Olivia est trop effacée, Clara trop présente, Nathan trop caricatural et Samuel un trop inutile. Et quand arrive enfin le climax, celui qu’on attend depuis le début, annoncé dès le prologue, les personnages y réagissent trop peu, sans émotion. Ca manque de naturel, ça manque de tension et le soufflé retombe aussi vite qu’il est arrivé.
C’est donc une lecture en demi-teinte. L’ambiance autour du ballet fonctionne, mais le roman est bien trop lent. Du coté de la plume, Lucy Ashe a un vrai potentiel, j’ai apprécié la qualité de son écriture. Mais côté intrigue, il manquait de dynamisme. A recommander aux amoureux de la danse, mais pas à ceux qui aiment les romans avec du rythme.

