Denali _ Patrice Gain

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Résumé

Denali

Dans les territoires immenses du Montana, Matt Weldon, adolescent livré à lui-même et maltraité par l’existence, tente de renouer avec ses origines. Il fouille le passé d’un père décédé dans l’ascension du mont Denali et d’une mère internée. Il découvre au fil des jours une vie qu’il ne soupçonnait pas, partagé entre admiration et stupeur. Incontrôlable et dévasté, son grand frère Jack est envahi par une rage qui le met en travers de sa quête et le conduit à commettre l’irréparable.

Mon ressenti

Un roman noir

Lu dans le cadre du prix des lecteurs catégorie Polar, je peux d’ores et déjà annoncer qu’il n’a pas vraiment sa place dans cette catégorie. Ce n’est pas un policier, ce n’est pas non plus un thriller. Tout comme Les mal-aimés, on peut plutôt lui trouver une place au rayon roman noir. Et pourtant, au contraire du roman cité précédemment, même si la trame du roman est noir, nous restons dans un livre qui ouvre une porte sur l’espoir.

Ainsi, nous retrouvons Matt, adolescent de quinze ans, dont le père vient de disparaître lors de son ascension du Mont Denali. Sa mère, choquée par le décès de son époux, sombre peu à peu dans la folie. Il est alors hébergé par sa grand-mère qui va rapidement passer l’arme à gauche. Il retrouvera rapidement son frère (ou c’est plutôt lui qui le retrouvera), qui, dévoré par ces traumatismes, plongera dans la drogue et sombrera lui aussi dans la folie. Ainsi, il va être difficile pour Matt de se construire, de se reconstruire après de telles épreuves.

Un roman initiatique

A l’instar des romans type thriller, Matt ne va pas devenir un être déséquilibré ou psychopathe. Il va tenter de venir en aide à son frère Jack, le seul membre de sa famille qui lui reste, quitte à en payer le prix cher par la suite. Car Jack le lui rend bien mal. Accro à la méthamphétamine, ses effets sur lui sont dévastateurs. Irritabilité, paranoia, confusion, agressivité. Une fois passée l’euphorie, Jack devient complètement instable et hors de contrôle. Matt, va malgré tout continuer à essayer de lui venir en aide, en vain.

Loin des clichés du thriller sanglant, Denali est avant tout une quête, une quête de soi, une recherche que Matt commencera afin qu’il puisse se reconstruire, dans la mesure du possible. Ainsi, ce roman pourrait aussi être classé dans le rayon des romans initiatiques puisque nous suivons l’évolution d’un personnage qui cherche à comprendre le monde et à en savoir plus sur lui-même.

Une plume agréable

L’auteur a une écriture captivante. Dès le début du roman, le lecteur est emporté par l’histoire de Matt et la malchance qui le poursuit. Les descriptions des paysages du Montana sont délicieuses. On s’imagine vraiment en plein coeur de ces immenses étendues avec en toile de fond, les Rocheuses. L’univers des Ranchs, les treks en pleine montagne, la pêche sur la Bitteroot. L’auteur a vraiment su peindre un tableau avec des mots.

Il avait plu la veille et toute la nuit suivante. Les nuages se déchiraient dans un ciel limpide et froid. Les plus hauts sommets apparaissaient, gigantesques et fantasmagoriques dans les brumes aqueuses chauffées par un soleil toujours plus bas. Dans le fond de la vallée, la Bitterroot s’écoulait dans un sillon coloré ambre et carmin qui tranchait avec le vert sombre des conifères. Malgré la distance, je pouvais par moments sentir l’odeur organique de la rivière, comme j’entendais rouler ses eaux gonflées par les pluies d’automne.

Tout au long du roman, j’ai malgré tout eu du mal à comprendre où voulait en venir l’auteur. Pourtant, c’est un roman qui se lit bien, facilement et qui est agréable. Malgré sa noirceur, l’auteur n’est pas tombé dans le glauque ni dans le sensationnalisme. La violence est présente. Il y a des armes à feu, des morts, mais étrangement l’auteur a su intégrer tout ceci à son histoire sans que cela ne vienne tâcher son roman.

C’est donc avec surprise que j’ai apprécié ce roman, qui se trouve dans un registre que j’apprécie moyennement. Sans pour autant être un coup de coeur, il restera un très bon souvenir. Et j’irai sûrement découvrir d’autres romans de cet auteur.

Note : 3.5 sur 5.

Si vous l’avez lu, quels autres romans de cet auteur me conseilleriez-vous ?

Mes challenges

Cette lecture m’a permis de valider la catégorie « Une couverture sur laquelle on voit de l’eau » du challenge de Mars.

Elle m’a également permis de valider la catégorie 98 du challenge annuel. Lire un roman initiatique.

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