La librairie de Kichijoji _ Kei Aono

Livres parfaitement alignés, sélection d’ouvrages soignée, vitrines qui mettent l’eau à la bouche… Dans le quartier de Kichijoji à Tokyo, la librairie Pegasus est une institution pour tous les amoureux de lecture. Mais les clients les plus attentifs sauront percevoir le tumulte qui secoue les quatre étages du magasin. Car, entre Riko et Aki, la guerre est déclarée.

Malgré son attachement profond à la librairie, Riko, formée à la vieille école, ne supporte plus l’exubérante Aki et ses idées fantasques. Si leurs prises de bec amusent beaucoup les autres employés, tout change quand la direction menace de fermer l’établissement. Dans un monde professionnel dominé par les hommes, les deux femmes vont devoir mettre leurs différends de côté et s’entraider pour sauver ce lieu qu’elles aiment tant.

Ce roman se déroule principalement au sein de la librairie à Kichijoji, dans un quartier de Tokyo. Deux employées sont au coeur du récit : Riko, vicedirectrice quadragénaire et Aki, une belle et jeune employée qui crée beaucoup de jalousie au sein de l’établissement. Tout les oppose et une rivalité s’installe entre elles, alimentée par les ragots. Mais l’annonce prochaine de la fermeture de la librairie va les obliger à s’allier pour tenter de la sauver. Au travers ce récit, l’autrice émet une critique du sexisme au travail au Japon. Dans cet univers, une femme qui se marie est censée poser sa démission. Et si elle ose diriger, ses collègues masculins se chargent de lui rappeler qu’elle n’en est pas capable. Elles sont alors considérées comme une menace pour les hommes, qui refusent de se laisser diriger par une femme.

Au début, j’ai eu beaucoup de mal à apprécier Riko. Très rigoureuse et exigeante, elle est vraiment dure avec Aki, qui fait tout pour être acceptée par ses collègues. Mais au fil du récit, nous apprenons à la connaître et découvrons finalement une personne plus sensible qu’elle n’y paraît. Aki, quant à elle est directe, franche et ne joue pas la carte de la manipulation . Elle refuse de démissionner lorsqu’elle se marie estimant qu’elle s’ennuierait à rester chez elle et sera bien plus utile à la librairie. Ces deux personnages sont extrêmement bien construits. Les collègues masculins, en revanche, sont loin d’être les plus sympathiques. Ils mettent des bâtons dans les roues de Riko lorsqu’elle devient gérante de la librairie et ses supérieurs ne lui font aucun cadeau, répétant sans cesse qu’ils savaient que c’était une erreur de mettre une femme à la tête d’un établissement.

Côté écriture, la plume est simple, fluide et très accessible. Cependant, la première partie est lente à démarrer. Le récit tourne alors essentiellement autour de la rivalité entre Riko et Aki, et c’est en plus du côté immature, c’est un peu répétitif. Mais la deuxième partie du récit gagne en profondeur et en tension. La librairie va-t-elle fermer ses portes, les employés vont-ils réussir à tout mettre en oeuvre pour qu’elle ne ferme pas ses portes ? Petit clin d’oeil aux amateurs de mangas, qui y trouveront de très nombreuses références.

Malgré une première partie un peu longue à décoller, ce roman vaut vraiment la peine de s’accrocher. Car une fois embarqués dans la lutte pour sauver la librairie, il est impossible de le reposer. Je le recommande chaudement aux amoureux des livres et de la littérature japonaise.

Note : 4.5 sur 5.

Merci aux Editions Nami pour ce Service de Presse.

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