Sous le marbre, la révolte _ Juliette Galliani

1955, Madrid. Après les tragiques événements qui ont bouleversé la famille Bellamy l’été précédent, Gabrielle a quitté Lyon pour Madrid. Employée au musée Gloria Mundi, elle est chargée de partir sur les traces d’un célèbre sculpteur pour l’exposition d’été.
Alors qu’il ne semble avoir laissé derrière lui que poussières et questions sans réponse, Gabrielle est entraînée dans les prémices de la rébellion contre le régime franquiste.
Journal clandestin, ambitions personnelles et introspection se mêlent, fissurant peu à peu le marbre sous lequel la révolte s’éveille.

Après Nuit d’orage à Hauterives, j’étais impatiente de retrouver Gabrielle. Et me voilà plongée cette fois dans le Madrid des années 1950, alors en pleine dictature franquiste. En effet, après les épreuves traversées à Lyon, Gabrielle choisit de quitter la France pour souffler un peu et poser ses valises à Madrid. Elle pensait y trouver du calme, mais très vite, son travail dans un musée l’entraîne au cœur d’une Espagne où l’art lui-même devient contestation. Et à ses côtés, un vent de rébellion se lève, porté par des jeunes prêts à risquer leur vie pour leurs idées.

J’ai adoré suivre Gabrielle dans ce décor si différent. Elle était discrète et un peu effacée dans le premier tome. Ici, au contraire, elle s’affirme et se révèle. C’est une belle évolution. Les personnages secondaires, eux aussi, sont marquants : courageux, libres, révoltés, ils incarnent la soif de justice et de vérité d’une génération muselée. Ce roman rend hommage à celles et ceux qui ont osé s’opposer à Franco, parfois simplement avec un pinceau ou une plume. Ici, l’art ne sert pas seulement à embellir ou décorer : il porte un message, il revendique, il bouscule. Grâce au musée imaginé par Juliette Galliani, on comprend que l’art peut être un acte de courage.

L’écriture de Juliette Galliani m’a une nouvelle fois séduite. Sa plume est fluide, immersive, presque poétique. Elle fait voyager dans les rues brûlantes de Madrid, dans l’ambiance feutrée des cafés et dans la moiteur des musées. L’autrice parvient ainsi à mêler histoire, art et émotion avec beaucoup d’élégance.
En tournant la dernière page, je me suis surprise à vouloir creuser davantage cette époque que je ne connais que trop peu. J’aimerais ainsi savoir ce qui se cachait derrière ces années sombres et ces voix qui, malgré la peur, avaient choisi de se lever.

Un roman historique passionnant, à la fois instructif et profondément humain, qui confirme le talent de Juliette Galliani.

Note : 4 sur 5.

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