Envers et malgré nous _ Laurent Koessler

Résumé

Envers et malgré nous

Le jour où il découvre le passé nazi de son grand-père, Étienne Weber tourne définitivement le dos à cet homme qu’il a tant admiré. Des années plus tard, le décès de son aïeul fait ressurgir un improbable témoignage adressé à son intention. Son besoin de comprendre l’impardonnable et sa curiosité de jeune journaliste vont le convaincre de rencontrer ce couple qui héberge le manuscrit. Là-bas, dans ce village de l’est de la France où grand-père Louis a vécu. Où le meilleur puis le pire se sont autrefois noués. Cette immersion en terra incognita va confronter Étienne à l’histoire d’un homme, d’une région, d’une époque contrastée, et à la tragédie collective des « Malgré nous ». Et parallèlement exhumer une terrible vérité qui va bouleverser son rapport à son existence… Et si c’était moi ? Oui… si moi aussi j’avais été confronté à la nécessité de rentrer dans les rangs de l’occupant, au risque de finir dans un peloton d’exécution.

Mon ressenti

Dans le roman historique Envers et malgré nous, nous faisons la connaissance d’Etienne. Son grand-père est décédé récemment et il a refusé d’aller à son enterrement. La raison ? Etienne n’a jamais pardonné à son grand-père qu’il aimait tant de lui avoir caché la vérité sur son sort de soldat durant la seconde guerre mondiale. Alors qu’il effectuait des recherches sur son aïeul, Etienne a en effet découvert que son grand-père Louis s’était engagé volontairement dans l’armée hitlerienne. Une compagne juive, une naïveté débordante, ce jeune journaliste n’a pas cherché plus loin et a coupé les ponts avec cet homme avec qui il avait pourtant des liens très forts.

Cette histoire se base sur des faits réels. Laurent Koessler nous fait découvrir l’univers de ceux qu’on appellera les « malgré-nous« . Des hommes qui n’ont eu d’autre choix que de se battre au côté des allemands durant la seconde guerre mondiale. Contraints malgré eux, de lourdes sanctions les attendaient s’ils refusaient, désertaient ou pire, rejoignaient les réseaux de résistance. Ils étaient bien évidemment condamnés à mort mais ils condamnaient également leur famille. L’application stricte de la Sippenhaftung (qui signifie « responsabilité de clan »), à partir de juillet 1944, induisait la responsabilité collective de la famille en cas de délit. Elle menaçait directement la famille des insoumis. Celles-ci seraient alors déportées dans les pays de l’est voire dans les camps de concentration. Soumis à un cruel dilemme – se sacrifier ou sacrifier ceux qu’ils aiment- les malgré-nous n’avaient guère le choix.

J’ai beaucoup aimé l’histoire de Louis, le grand-père d’Etienne. Laurent Koessler a fait le choix de transmettre son témoignage sous forme de manuscrit qu’Etienne doit lire. Nous alternons les chapitres dans lesquels nous nous plongeons dans le début des années 40 et ceux où nous suivons les états d’âme d’Etienne. Et autant j’ai adoré Louis, autant Etienne m’a horipilée. Comment peut-on être aussi borné ? Etre aussi rancunier ? Encore heureux, en lisant le témoignage de son père, il se rend compte à quel point il s’est trompé. Mais vraiment, j’ai eu du mal avec ce personnage qui, en tant que journaliste, aurait dû faire un travail de recherche plus approfondi et n’aurait pas dû s’arrêter à un tampon sur le carnet militaire de son grand-père.

C’est le point qui m’a dérangée. Mais heureusement, les parties avec Etienne sont courtes. Le récit se focalise essentiellement sur la vie de grand-père dont la vie n’a pas été rose et qui a fait preuve d’énormément de résilience après la guerre. C’est ce qui est le plus intéressant et passionnant, d’autant plus que j’ignorais totalement cette partie de l’histoire.

Photo du livre Envers et malgré nous de Laurent Koessler

Merci Laurent Koessler de m’avoir fait découvrir ces hommes qui n’ont eu d’autre choix que de devoir combattre avec l’ennemi. Merci pour ce texte fort et instructif.

Note : 4 sur 5.

1 commentaire

  1. Je ne connais pas, mais c’est le genre de romans que j’aime.

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