Le cerf-Volant _ Laetitia Colombani

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Résumé

Le cerf-volant

Brisée par un drame personnel, Léna abandonne la France et son poste d’enseignante pour partir en Inde, au bord du golfe du Bengale. Un matin, alors qu’elle nage dans l’océan, elle manque de se noyer. Une petite fille qui jouait au cerf-volant court chercher de l’aide.

Comment la remercier ? Âgée de dix ans, la petite travaille dans un restaurant et ne sait ni lire ni écrire. Entourée d’un groupe de filles du village et de leur cheffe, la tumultueuse Preeti, Léna se lance dans un incroyable projet : fonder une école, pour tous les enfants du quartier qui en sont privés.

Au coeur d’une Inde tourmentée commence une aventure où se mêlent l’espoir et les désillusions, la volonté face aux traditions, et le rêve de changer la vie par l’éducation.

Mon ressenti

Le quotidien des enfants en Inde

Léna a décidé de passer quelque temps en Inde après avoir vécu un drame personnel. Elle va y faire la rencontre d’une petite fille qui joue au cerf-volant sur la plage. Cette dernière est mutique et pourtant les deux vont se lier d’amitié. La petite fille ne sait ni lire, ni écrire, et Lena va entreprendre un projet fou. Ouvrir une école pour les enfants du quartier. Pour ces enfants dont les familles sont trop pauvres pour les instruire. Ces enfants doivent travailler pour leurs parents. Aller à l’école, même si celle-ci est gratuite, leur fait perdre de l’argent. Soit car leur enfant ne peut aller travailler à l’usine, soit parce qu’ils vont être obligés d’embaucher quelqu’un pour remplacer l’enfant. Dans tous les cas, ces familles sont réticentes à voir leur enfant aller à l’école. Alors qu’avec de l’instruction, ces enfants pourraient avoir un avenir meilleur et permettre à leur famille de s’élever.

C’est ce qui arrive à cette jeune fille. Elle aide son oncle et sa tante à tenir le restaurant qu’ils gèrent. Elle y fait le service et la vaisselle. Sa famille ne se réjouit donc pas de la voir aller à l’école et c’est avec force négociations que Lena parviendra à les convaincre. Elle ne gagne pas d’argent à travailler pour eux étant donné qu’ils lui offrent le gîte et le couvert. Le couvert étant un bien grand mot, les denrées alimentaires étant relativement chères.

La place des femmes en Inde

Au travers du cerf-volant, Laetitia Colombani nous plonge dans le triste quotidien de ces enfants qui ont eu la malchance de naître dans les quartiers pauvres. Et surtout, dans le quotidien des filles. Dans certaines régions d’Inde, la situation des filles est catastrophique. Naître fille est un fardeau. Elles sont vouées à être mariées dès le plus jeune âge à un homme plus âgé et à devoir le servir et enfanter. La condition féminine y est hallucinante pour un occidental. Le poids de la religion et des traditions est très fort et la femme y a souvent une place bien peu importante. La femme doit bien souvent est soumise et subordonnée à l’homme. Nous sommes loin des clichés boliwoodiens, où les femmes tombent amoureuses et épousent l’homme qu’elles aiment.

Bien heureusement, des mouvements féministes naissent et nous faisons la connaissance de Preeti. Violée à l’âge de seize ans, ses parents ont voulu la marier de force à son agresseur. Refusant de se soumettre à ces traditions qu’elle juge intolérables, la jeune femme a coupé les ponts avec sa famille et a formé un groupe de femmes qui apprennent à se défendre contre les hommes. Elles luttent contre les mariages forcés dès le plus jeune âge, voudraient que les filles aussi aient accès à l’éducation et à l’école.

C’est donc à l’aide de Preeti que Lena va essayer d’ouvrir son école. Mais même une fois ouverte, les problèmes persistent. Les enfants manquent d’assiduité. Leurs parents leur demandent de travailler, et Lena va devoir négocier avec les familles en leur promettant de leur donner à manger afin que l’école ne leur coûte pas plus cher. Certaines filles s’absentent plus d’une semaine lorsqu’elles sont indisposées car elles n’ont aucune protection. Encore une fois, les hommes voient les menstruations d’un mauvais oeil.

Roman documentaire

C’est un sujet très fort et émouvant que l’autrice aborde. Même si on sait que dans certaines régions du monde, les femmes ont un faible statut et qu’elles sont à la merci des hommes, on n’imagine que trop mal leur quotidien. Le reproche que je ferais à ce roman est le côté trop documentaire. Certains passages nous sont livrés comme un reportage, alors qu’il s’agit d’une fiction (basée sur des faits réels). Par conséquent il est plus difficile de s’attacher aux personnages et on garde une certaine distance vis à vis d’eux.

Après avoir lu ce livre, j’ai découvert qu’il s’agit en fait de la suite de La tresse que je dois justement lire ce mois-ci. J’aurais apprécié savoir qu’il s’agissait d’une suite car lorsque je lirai La tresse, je vais donc retrouver Lena mais je sais déjà ce qu’il va lui arriver. Heureusement, il semble que nous suivions trois femmes différentes, je découvrirai donc les deux autres.

C’est donc un roman intéressant si l’on souhaite découvrir le quotidien des femmes et des enfants dans les quartiers les plus populaires de l’Inde. Malgré tout, je l’ai trouvé trop informel et j’ai eu du mal à m’attacher aux personnages.

Note : 3.5 sur 5.

Je vous invite à lire cet article très intéressant sur la condition des femmes en Inde.

Mes challenges

Cette lecture m’a permis de valider la catégorie 76 du challenge annuel. Un livre qui se déroule en Inde.

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3 commentaires
  1. […] Lire l’article complet […]

  2. PHILIPPE D dit

    J’ai beaucoup aimé « La tresse » : un coup de coeur.
    Le suivant, j’ai aimé, mais dans une moindre mesure.
    Celui-ci, je le lirai quand il sortira en poche.
    Bonne soirée.

    1. SeriaLectrice dit

      En principe, je dois lire la tresse ce mois-ci, je pourrai donc bientôt faire un retour sur cette lecture.

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