La neige de l’amiral _ Alvaro Mutis

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C'est cette forêt que traverse Maqroll el Gaviero, sur une chaloupe qu'un capitaine alcoolique dirige vers une destination improbable.

Résumé

La neige de l’amiral

C’est cette forêt que traverse Maqroll el Gaviero, sur une chaloupe qu’un capitaine alcoolique dirige vers une destination improbable. Ce récit, écrit sous forme de journal où Maqroll consigne les événements de cette aventure, mais aussi ses souvenirs et fantaisies, ses rêves et ses réflexions, est évidemment une métaphore de la précarité de l’être humain confronté à l’écoulement du temps. Marin d’origine mystérieuse, Maqroll el Gaviero est hanté par les souvenirs d’une vie marquée par l’inachèvement et par la recherche constante d’une bonne fortune qui semble le fuir une fois de plus.

Mon ressenti

Roman d’aventure ?

Maqroll el Gaviero veut faire fortune. Pour cela il embarque sur un rafiot, commandé par un capitaine alcoolique. Il souhaite atteindre des scieries pour y acheter du bois et le revendre bien plus cher. C’est son voyage sur ce dangereux fleuve qui nous est conté au travers de son journal de bord.

Récit plutôt atypique, on m’avait présenté ce livre comme un roman d’aventure. Je dois bien reconnaître que ce point m’a déçue puisqu’on est bien loin des aventures telles que je l’imaginais, à la Monte Cristo. Ici, le texte est lent, on avance au rythme de la chaloupe. Donc, non, ce n’est pas un roman d’aventure contrairement à ce qu’on m’a indiqué. Ca n’en reste pas moins intéressant. Maqroll nous conte ce qui lui arrive, jour après jour. Comme l’arrivée sur le navire d’un couple d’indiens, qui ne portent aucun vêtement. Maqroll aura une courte aventure avec l’indienne. Peu après, il tombera gravement malade et on lui rapportera que c’est son aventure d’un soir qui aura falli lui couter la vie.

L’illusion de l’aventure

Le récit de Maqroll est plein de nostalgie. La nostalgie de La neige de l’amiral, refuge où est censée l’attendre Flor Estevez, qu’on suppose être la femme de sa vie. Il fait référence à elle à de nombreuses reprises, dans ses rêves ou dans ses pensées. L’écriture est très poétique et élégante même si certains passages sont très particuliers (notamment celui avec l’indienne). Au lieu du roman d’aventure, c’est une sorte d’introspection sur la vie de Maqroll que nous livre ici Mutis. C’est plutôt un roman sur l’illusion de l’aventure. Maqroll ressent le besoin d’aventures, mais va d’échec en échec. L’écriture de Mutis m’a fait penser à une ancienne lecture, Nostromo de Joseph Conrad.

Je suis au plus haut point intrigué par la manière dont ma vie est une répétition d’échecs, de décisions erronées au départ, de voies sans issue qui, mis bout à bout, seraient tout compte fait l’histoire de mon existence. Une vocation fervente pour le bonheur sans cesse trahi, chaque jour détourné, conduisant inlassablement et nécessairement à de misérables échecs, tous étrangers à ce qui, je le sais au plus profond de mon être, devrait s’accomplir, n’était mon attirance pour une incessante défaite. Qui peut comprendre cela ?

Je finis donc cette lecture sur un ressenti mitigé. On m’a décrit ce livre comme un roman d’aventure et je me voyais déjà en train de suivre des personnages à la Alexandre Dumas. Cet aspect du livre m’a vraiment déçue car je m’attendais à vraiment plus d’action. En revanche, la qualité indéniable de l’écriture et l’aspect philosophique du roman m’ont agréablement surprise. J’ai le deuxième tome, Un bel morir, dans ma bibliothèque. Je le lirai certainement.

Note : 3 sur 5.

Mes challenges

Cette lecture m’a permis de terminer le challenge annuel 2020/2021 proposé par la Tête dans les livres. Livre un lire traduit de l’espagnol.

Entre le 1er septembre 2020 et le 31 août 2021 (j’ai terminé cet ouvrage le 27 août), j’aurais réussi à livre 100 livres qui valident chacun une catégorie. Un nouveau challenge est disponible sur le groupe Facebook.

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2 commentaires
  1. Hélène dit

    100 livres lus en un an, c’est un vrai marathon de lecture dis-donc !

    1. SeriaLectrice dit

      J’en ai lu à peu près 150 en fait.

      1

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