Miarka _ Antoine de Meaux

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miarka

Résumé

Denise Jacob a dix-neuf ans quand elle entre en résistance, sous le nom de Miarka. Agent de liaison à Lyon, elle recueille les demandes de faux-papier, collecte et achemine les informations, jusqu’au jour de son arrestation, le 18 juin 1944.

Soumise à la torture, Miarka révèle un courage extraordinaire. Elle ne parle pas, ne lâche rien.

C’est ensuite la déportation dans le camp de Ravensbrück puis celui de Mauthausen, alors qu’au même moment sa famille, dont sa petite soeur, la future Simone Veil, est plongée dans la nuit de la Shoah.

Antoine de Meaux a bien connu Denise Jacob. Il retrace ici la bouleversante histoire de Miarka en s’appuyant sur des archives inédites, sa correspondance, ses écrits intimes et poétiques, et les carnets de son père, André Jacob.

Miarka, portrait sensible d’une femme d’exception, est un superbe hommage à l’esprit de la Résistance, et une oeuvre de combat, plus que jamais nécessaire.

Mon ressenti

Un témoignage bouleversant

Denise Jacob, soeur de Simone Veil, s’est confiée à Antoine de Meaux sur son passé de résistante. C’est un témoignage bouleversant. La vie de cette jeune femme, juive, et résistante dès la première heure ne peut pas nous laisser insensible. Ainsi, elle fera partie de ces hommes et femmes de l’ombre qui combattaient pour notre liberté. Elle prendra le nom de Miarka et deviendra agent de liaison.

Alors qu’elle remplace une autre agent de liaison au pied levé, partie pour une autre mission, Denise est arrêtée. Elle sera alors interrogée et torturée (notamment la terrible épreuve de la baignoire ). Mais Miarka est têtue et ne dévoilera rien, elle ne désignera aucun de ses « complices ».

Miarka est ensuite déportée vers le camp de Ravensbruck. Ce camp de concentration réservé aux femmes et aux enfants où les nazis menaient des expériences scientifiques terribles. Ce n’est pas sans rappeler une de mes lectures précédentes, Le lilas ne refleurit qu’après un hiver long et rigoureux, où l’on decouvre la vie des lapins. Dans ce témoignage, Miarka a en effet été le triste témoin de ces effroyables expériences.

Survivre

Malgré toutes ces épreuves, Miarka s’en sortira vivante, ainsi que ses deux soeurs. Il est assez surprenant de comparer l’expérience de Miarka à celle de sa soeur, Simone, elle aussi déportée. Rien d’étonnant à ce que ces deux femmes, notamment Simone, soient devenues des figures emblématiques de notre pays.

Lors de sa libération, Miarka prendra contact avec les familles de ses amies du camp pour leur faire part elle-même de leur décès. Elle rencontrera, avec d’autres résistants, le Général de Gaulle. Et envers et contre tout, Denise choisira la vie . Elle veut faire du camp une expérience enrichissante, elle veut vivre pour « celles et ceux qui sont restés là-bas, et à qui les nazis ont volé leur vie ».

Antoine de Meaux poursuit ensuite sur sa vie d’après, sa rencontre avec son époux et son investissement dans l’ADIR, l’association des déportées et internées et de la résistance. Elle participera à la création de la Fondation pour la mémoire de la déportation afin qu’on n’oublie jamais ce que ces milliers d’êtres humains ont pu traverser.

Un écrit chaotique

Mon seul regret dans ce récit est qu’il n’ait pas été plus romancé. L’auteur ne nous livre pas un témoignage chronologique. Il fait parfois des retours en arrière ou bien au contraire vers le futur. Aussi, au début tout du moins, j’ai eu le sentiment de ne pas bien cerner dans quel ordre se déroulaient les événements relatés.

Cependant, je comprends bien qu’Antoine de Meaux n’ait pas souhaité romancer ce témoignage afin de faire en sorte que ce récit soit le plus représentatif possible de la réalité.

C’est un récit qui ne peut pas nous laisser insensible. Ce témoignage est bouleversant et apporte encore de nouveaux éléments sur cette période qui fait couler beaucoup d’encre.

Merci à NetGalley et aux éditions Phébus pour cette lecture enrichissante.

Note : 3.5 sur 5.

Mes challenges

Cette lecture m’a permis de valider la catégorie 53 du challenge annuel. Livre dans lequel le personnage principal a un surnom.

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1 commentaire
  1. […] Pourtant, pour moi, il n’en vaut pas la chandelle. Je lui préfère de loin le témoignage de Miarka ou bien le roman Le lilas ne refleurit qu’après un hiver long et […]

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