Quand s’éveillent les montagnes _ Emma Pei Yin

Sous le magnolia en fleurs qui borde l’étang de leur jardin, Mingzhu et sa fille Qiang contemplent la baie de Kowloon en rêvant d’un ailleurs. Mère et fille mènent une existence privilégiée mais solitaire aux côtés de Biyu, leur servante dévouée. Dans la stricte société chinoise de l’avantguerre, chacune est enfermée dans un carcan, tenue de respecter le rôle que lui imposent son statut et son sexe.
La porte de cette cage dorée vole en éclats le soir où l’armée japonaise envahit Hong Kong. Si les trois femmes doivent se séparer pour survivre, la soif de liberté les pousse tour à tour sur le sentier périlleux de la résistance. Alors que leur monde sombre dans l’obscurité, leur courage pourrait bien sauver des vies, et peut-être les guider à nouveau les unes vers les autres.

Quand s’éveillent les montagnes est un roman historique comme je n’en avais pas lu depuis longtemps. Tout la partie historique chinoise pendant l’occupation japonaise m’a vraiment embarquée. Je ne connaissais rien de cette occupation et de la résistance qui en a découlé. C’est donc avec grand plaisir que j’ai découvert ce pan de l’Histoire.

Pourtant, on démarre très loin des combats. La famille Tang a fui Shanghai après l’invasion japonaise. Elle s’installe ainsi à Hong Kong, se croyant à l’abri. Mingzhu y vit en première épouse, avec Biyu sa servante qui la suit depuis sa naissance. Elle élève le fils de la concubine de son mari ainsi que sa fille Qiang. Cette partie m’a vraiment surprise car je ne pensais pas qu’en 1940 les traditions quasi ancestrales étaient toujours d’actualité. Ainsi, les hommes chinois pouvaient avoir plusieurs épouses. La polygamie et les mariages arrangés ont été abrogés en 1950, une dizaine d’années plus tard.

Mais en décembre 1941, les Japonais envahissent Hong Kong. Et alors, tout vole en éclats. Les trois femmes vont devoir se séparer. Mingzhu parle plusieurs langues, alors on lui propose un marché : travailler pour l’ennemi ou mourir. Pas vraiment un choix. Qiang et Biyu, elles, se retrouvent à l’usine, avec des rations de misère. Chacune d’entre elle finit par rejoindre la résistance, à sa manière.

J’ai vraiment tremblé pour ces 3 femmes. Les scènes de guerre sont dures et l’autrice ne détourne jamais le regard. Mais elle laisse quand même respirer le récit. Car au milieu des bombes une histoire d’amour va naître. Ce qui donnera la force à Mingzu de se battre jusqu’au bout, avec l’espoir de revoir un jour sa fille.

Bref, ce roman sur la résistance à Hong Kong m’a passionnée. Je vous le recommande chaudement.

Note : 5 sur 5.

Laisser un commentaire