Résumé
1971. Sage Winters a toujours su que sa sœur était un peu différente, même si elles étaient des jumelles parfaitement identiques. Six ans après la mort de Rosemary d’une pneumonie, Sage, alors âgée de seize ans, ressent toujours un profond manque. Leur mère a péri dans un accident de voiture et son beau-père, Alan, s’irrite d’avoir la responsabilité d’une adolescente qu’il n’a jamais voulue. Pourtant, malgré le fait qu’ils vivent presque comme deux inconnus dans leur appartement de Staten Island, Sage est stupéfaite de découvrir qu’Alan lui a caché un bouleversant secret : Rosemary n’est pas morte. Elle était inscrite à l’école de Willowbrook et y était encore jusqu’à sa disparition, quelques jours auparavant.
Mon ressenti
1971, États-Unis. Sage, 16 ans, apprend que sa sœur jumelle Rosemary, qu’elle croyait décédée, est en réalité internée à Willowbrook, un asile psychiatrique et s’en est échappée. Situé à Staten Island, il est présenté comme une « école » accueillant les enfants déficients. En réalité, il s’agit plus d’un mouroir. Sage s’y rend alors pour retrouver sa soeur, mais le personnel la prend pour Rosemary et elle se retrouve alors internée à son tour. Le lecteur découvre alors l’horreur de Willowbrook : malnutrition, violence, abus, expériences médicales etc… Mais après avoir découvert la réalité qu’était alors cet institut (qui a réellement existé), nous plongeons dans une sorte de thriller, puisque de nombreux pensionnaires semblent disparaître les uns après les autres.
Sage est un personnage attachant. Elle est déterminée et courageuse. Mais lorsqu’elle se retrouve internée à Willowbrook par erreur, on se demande réellement comment elle va pouvoir en sortir. Car la situation est un vrai cercle infernal. Dans un asile, crier qu’on est sain d’esprit ne sert à rien. Personne n’entend. Personne ne croit.. A côté d’elle, de nombreux personnages fourmillent. Notamment les employés de Willowbrook, qui ne semblent même plus voir l’insalubrité dans laquelle ils travaillent au quotidien. Et les autres pensionnaires, mais ils restent des personnages très marginaux. On ne s’intéresse guère à eux. La vraie tension réside ici à savoir si Sage est réellement saine d’esprit. Qui nous dit qu’elle ne souffre pas d’un trouble de la personnalité comme sa soeur Rosemary, qui assurait être Sage ?
La plume d’Ellen Marie Wiseman est comme toujours addictive et immersive. Les descriptions sensorielles de l’internat sont fortes. J’avais vraiment l’impression de m’y retrouver, et je m’imaginais y marcher, évitant les excrèments et autres tâches suspectes. Cependant, j’ai trouvé la première partie un peu trop répétitive. On y tourne un peu en rond avec Sage qui crie haut et fort qu’elle n’est pas folle. On ne la croit pas, on la menace de l’isoler. Et ça recommence. D’autant plus que ce n’est pas le premier roman que j’ai lu sur des internements forcés. J’ai largement préféré la partie enquête. Sagr cherche à savoir qui fait disparaître les pensionaires. Cette partie ressemble à un vrai thriller, et les pages défilent à toute vitesse. Enfin, le travail de recherche de l’autrice est poussé et abouti. Et lorsqu’on s’y intéresse, la réalité de cet internat était encore pire que la fiction. Ca fait froid dans le dos.
Comme à chaque fois, avec Ellen Marie Wiseman, la lecture est éprouvante. Hormis un bémol sur le côté répétitif de la première partie, c’est un roman que j’ai apprécié. C’est un roman qui ne s’oublie pas.
Merci aux Editions Faubourg Marigny pour ce partenariat depuis 4 ans.
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