La zone du dehors _ Alain Damasio

Résumé

La zone du dehors

2084. Orwell est loin désormais. Le totalitarisme a pris les traits bonhommes de la social-démocratie. Souriez, vous êtes gérés ! Le citoyen ne s’opprime plus : il se fabrique. À la pâte à norme, au confort, au consensus. Copie qu’on forme, tout simplement. Au cœur de cette glu, un mouvement, une force de frappe, des fous : la Volte. Le Dehors est leur espace, subvertir leur seule arme. Emmenés par Capt, philosophe et stratège, le peintre Kamio et le fulgurant Slift que rien ne bloque ni ne borne, ils iront au bout de leur volution. En perdant beaucoup. En gagnant tout.

Premier roman ici réécrit, La Zone du Dehors est un livre de combat contre nos sociétés de contrôle. Celle que nos gouvernements, nos multinationales, nos technologies et nos médias nous tissent aux fibres, tranquillement. Avec notre plus complice consentement. Peut-être est-il temps d’apprendre à boxer chaos debout contre le swing de la norme ?

Mon ressenti

Roman d’anticipation

Les terriens ont sacrifié leur lieu d’habitation et ont eu le choix : envahir l’Afrique ou partir vivre sur un Astéroïde. Ce nouveau lieu de vie est particulier. Seulement une zone est viable, sorte de dôme protecteur. La zone du dedans. A l’extérieur, la Zone du Dehors est proscrite. Les habitants de cet astéroïde sont tous gérés de la même manière : surveillés, fichés et jugés les uns par les autres. Alors que ce roman a été écrit dans le début des années 90, il semble désormais criant de vérité. Reconnaissance faciale, géolocalisation, espionnage via des nano-caméras… L’auteur se surprend lui-même en postface d’avoir vu la réalité défiler aussi rapidement devant ses yeux alors que lui voyait les événements se produire un siècle plus tard.

Critique de la société de contrôle

La Zone du dehors au-delà de l’aspect Sciences Fiction et roman d’anticipation, est un roman qui dissèque la politique. La politique de contrôle forcé, à laquelle la population semble s’être soumise. Seule une petite partie s’en inquiète : la Volte, dirigée par Capt, professeur d’Histoire à l’université. Avec son groupe d’amis, ils vont peu à peu grandir jusqu’à créer une (ré)Volution. Ce qu’ils veulent ? La liberté !

Un des exemples les plus parlants du livre, pour moi, était celui des pauvres. Dans cette nouvelle société, chaque être est doté d’un code-barre d’identification. Ce code-barre permet au lecteur d’avoir accès à toutes sortes d’informations : salaire, maladies, solde du compte bancaire etc… Ainsi, certains magasins interdisent par exemple l’accès à ceux qui ont solde inférieur à une certaine somme, excluant ainsi les plus pauvres. La Volte a alors pour idée de pirater le lecteur et d’interdire l’accès aux plus riches afin qu’ils ouvrent les yeux sur le quotidien d’une grande partie de la population. Ceci est un exemple parmi d’autres.

Une écriture à double tranchant

Côté écriture, je suis partagée. Il y a des passages extrèmement intéressants et bien construits. A contrario, j’ai également trouvé certains passages trop longs et trop politisés à mon goût. Il faut bien avoir en tête que l’auteur se revendique comme un homme de gauche, avec des idées politiques progressistes. De plus, il a également pris le parti d’adapter son écriture selon le personnage qu’il met en avant. Selon qu’il s’agit de Capt, Slift ou encore le ministre ou Président, la plume de l’auteur change et se métamorphose.

Lorsqu’il s’agit de Capt ou de personnages politiques, l’écriture est ordinaire, simple à lire. Dès qu’on passe à Slift, la lecture devient plus laborieuse. Le personnage est différent, sur les nerfs, hyperactif. Cela se ressent à la manière dont l’écriture change totalement lorsque l’auteur se concentre sur lui. Phrases très courtes, sans verbe, grossières. C’est assez destabilisant, et même si j’ai peu apprécié ces passages, il faut reconnaître que ça permet au lecteur de bien cerner ses personnages et leur personnalité.

La science-fiction est loin d’être un genre que j’affectionne. Certains passages m’ont passionnée quand d’autres m’ont ennuyée. J’aime bien sortir de ma zone de confort, mais la SF reste encore trop obscure pour moi.

Note : 2.5 sur 5.

Mes challenges

Cette lecture m’a permis de valider la catégorie 97 du challenge annuel. Lire un roman d’anticipation.

Alain DamasioAnticipationdystopiescience-fiction
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