Changer l’eau des fleurs, Valérie Perrin

Résumé

Changer l’eau des fleurs

Violette Toussaint est garde-cimetière dans une petite ville de Bourgogne. Les gens de passage et les habitués viennent se confier et se réchauffer dans sa loge. Avec la petite équipe de fossoyeurs et le jeune curé, elle forme une famille décalée. Mais quels événements ont mené Violette dans cet univers où le tragique et le cocasse s’entremêlent ?

Mon ressenti

La mort, le deuil

A travers son roman, Changer l’eau des fleurs, Valérie Perrin aborde le thème de la mort et du deuil de manière originale. Nous accompagnons Violette Toussaint, garde cimetière. Elle y officie depuis une vingtaine d’années et croise quotidiennement les familles endeuillées. Elle entretient les tombes, reçoit et propose une oreille attentive aux visisteurs.

Mais comment en arrive-t-on à finir sa vie dans un cimetière ? Nous comprenons rapidement que la vie de Violette n’a jamais été simple. Dès sa naissance, elle a dû faire le deuil d’une famille aimante, étant née sous X. Puis, elle a fini par rencontrer son futur époux, Philippe Toussaint. Son nom n’a pas été choisi par hasard par Valérie Perrin (comme pour beaucoup de noms dans ce roman). Violette devra alors faire le deuil de sa vie sentimentale. Rejetée par sa belle-famille, son mari s’éloigne rapidement d’elle. Véritable coureur de jupons, il ne cessera de tromper Violette. Puis, il finira par l’abandonner. Mais ce n’est pas le plus terrible. Violette a perdu sa fille. On le comprend assez rapidement, dès qu’elle fait référence à la naissance de sa fille qui semble alors avoir disparu de sa vie, sans que sa mort ne soit clairement énoncée. Sa présence dans ce cimetière en particulier n’est pas anodin, ni le fruit du hasard.

C’est donc un livre qui traite du deuil. Mais de façon plutôt légère. A aucun moment je n’ai eu besoin de verser de larmes. C’est même plutôt un message d’espoir, un hymne à la vie, la vie qui continue, qui avance malgré la perte des êtres chers.

Des tranches de vie

Violette, en nous racontant son quotidien, partage avec les lecteurs les tranches de vie des personnes qui finissent leur vie dans ce cimetière. Elle garde dans un cahier tous les discours et les anecdotes des enterrements. Nous faisons alors connaissance avec les fossoyeurs et le curé, mais aussi avec cette dame, qui vient fleurir tous les dimanches la tombe de son amant. Ou bien, de cet homme qui vient, toutes les deux semaines, saluer sa mère, partie trop tôt. Ce roman est rempli de petites histoires, entremelées à celle de Violette.

D’autres histoires, plus importantes, prennent place. Notamment celle de Julien et de sa mère, qui a demandé à être inhumée avec son amant. Ce dernier ne comprend pas pourquoi sa mère n’a pas souhaité être près de son père. Puis il trouve un journal, dans lequel sa mère écrit sa rencontre avec son amant. Il le confie à Violette, qui nous en propose régulièrement des extraits.

Ces différentes histoires rendent ce roman assez poétique. Véritable récit de vie, il nous amène à réfléchir sur le sens de la vie, de l’amour, de la famille. Pourtant, c’est loin d’etre un coup de coeur car certains aspects m’ont vraiment dérangée.

De la déception

Je disais donc que ce roman était assez poétique. Et pourtant, je l’ai aussi trouvé vulgaire. J’avais déjà eu ce sentiment avec son précédent roman, Les oubliés du dimanche. C’est un aspect que je n’apprécie pas du tout et que je ne trouve pas nécessaire à l’histoire.

Ainsi, nous savons que Philippe, l’époux de Violette est un mari volage. Mais avons-nous réellement besoin de connaitre la manière dont il culbute l’atsem de l’école contre un arbre ? Avons-nous besoin de savoir qu’il fantasme sur la femme de son oncle, et de savoir qu’il s’envoie en l’air sur le rebord de sa fenêtre ? Très honnêtement, ces passages (surtout ceux concernant Philippe) m’ont vraiment mise mal à l’aise.

L’auteur a certainement voulu nous montrer à quel point cet homme était malsain et pervers. A tel point qu’on le déteste réellement. Et lorsqu’à la fin du roman, on commence à comprendre ce qu’il a pu ressentir à la mort de sa fille, pour quelle raison il a abandonné sa femme, on déteste tellement ce personnage qu’on n’arrive pas à ressentir d’empathie à son égard.

Enfin, la manière dont a été écrit le roman est perturbante. Il y a énormément de personnages (ceux qui fréquentent le cimetière notamment). On finit par les mélanger et par ne plus vraiment savoir qui est qui. Et à chaque chapitre l’auteure fait soit un bond dans le passé, soit dans le présent, soit dans un autre passé, ou dans le passé d’une autre personne etc … Cela rend le récit difficile à suivre.

Ce livre aurait vraiment pu être excellent. Je l’ai finalement trouvé médiocre. Je comprends ceux qui ont plébiscité ce livre, mais je n’arrive tout de même pas à comprendre un tel engouement. J’ai donné une deuxième chance à cette auteure, je pense que ce sera la dernière cette fois-ci.

Note : 2.5 sur 5.

Mes challenges

J’ai tout d’abord lu ce livre afin de valider le challenge mensuel : Lire un auteur dont le nom commence par un P.

Cette lecture m’a également permis de valider un autre challenge mensuel : Un auteur dont le nom ou prénom contient plusieurs E.

Enfin, concernant le challenge annuel, j’ai validé la catégorie 44 : Livre dont la dernière page est un nombre impair.

Tous ces challenges sont proposés sur le groupe de lecture La tête dans les livres, sur Facebook.

récit
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