Résumé
Quand le destin s’est acharné sur lui et qu’il a perdu sa fille unique alors qu’elle n’était encore qu’une adolescente pleine de rêves, le facteur Cheval aurait pu sombrer dans la douleur et le désespoir. Il a plutôt choisi de se lancer dans un pari insensé : construire de ses propres mains son Palais Idéal, comme un cadeau à son enfant partie trop tôt. Mais une étrange rencontre lors de ses tournées va donner un tout autre sens à son rêve. Parce que la passion est la seule chose qui peut nous sauver.
Mon ressenti
Avec Le rêve d’un fou, Nadine Monfils revisite la vie du Facteur Cheval en mêlant faits réels, fiction et poésie. Elle nous plonge dans la tête de cet homme simple, meurtri et pourtant habité par une force intérieure extraordinaire : celle de transformer la souffrance en œuvre d’art. Non sans me rappeler celle de Raymond Picassiette, la vie, certes romancée, du Facteur Cheval m’a vraiment intriguée.
Ce court roman rend hommage à la ténacité incroyable de Joseph Ferdinand Cheval, à sa manière d’affronter les divers drames de sa vie (ses épouses et tous ses enfants meurent avant lui) sans jamais renoncer à son palais, ce rêve de pierre construit nuit après nuit. J’ai beaucoup aimé plonger dans les pensées de cet homme, naïf mais d’une lucidité bouleversante.
En revanche, j’ai trouvé que l’ensemble est parfois trop idéaliste. Les maximes, très nombreuses, finissent par donner une impression de répétition. J’ai parfois eu la sensation de lire une succession de réflexions plus qu’un véritable récit. Le personnage fictif de Marthe m’a également laissée sur ma réserve : son rôle m’a semblé moins pertinent, parfois même ubuesque. C’est sans doute dû au fait que cette femme n’a jamais existé dans la vie de Ferdinand.
Malgré cette nuance, j’ai passé un très bon moment de lecture. Une lecture poétique qui nous montre que lorsque tout s’effondre, il reste encore les rêves pour reconstruire.

