Kalindra, 13 ans, porte un prénom inventé par sa mère, Coco, qui l’élève seule. Un mélange de noms indiens avec des significations aussi pesantes que « gentille fille » et « splendeur ». Pas facile pour s’intégrer dans le très élitiste VIIe arrondissement de Paris, où elle a récemment emménagé avec sa mère dans un minuscule deux-pièces. Et encore moins quand Coco se pointe à la sortie de son collège avec son look tapageur, cheveux blond platine, seins et lèvres refaits, pour l’emmener faire le tour de la capitale en Ferrari. Mais il n’y a pas que ça… Un jour, Kalindra découvre que le père aventurier conté par sa mère depuis sa naissance n’existe pas. Qu’elle est née d’un don, d’une paillette. Avec humour et ténacité, elle se lance alors dans une quête qui va changer sa vie.

Derrière son titre clinquant, ce roman cache une histoire bien plus grave qu’il n’y paraît. Kalindra a treize ans et vit avec sa mère, Coco qui refuse obstinément de vieillir et d’assumer ses responsabilités. Elle aime sa fille, sans doute, mais mal : de façon incomplète, instable, souvent égoïste. Très vite, on comprend que Kalindra n’a pas grandi avec sa mère, mais à sa place. Elle observe, elle anticipe, elle répare. Elle est l’enfant responsable d’un foyer qui ne l’est pas.

La révélation autour de sa naissance agit comme un déclencheur. Kalindra ne cherche pas seulement un père : elle cherche un point d’ancrage, une preuve qu’elle ne s’est pas construite sur du vide. Sa quête devient alors un besoin vital. Kalindra est une héroïne silencieuse, d’une maturité incroyable. On la suit avec admiration, en espérant qu’elle puisse, un jour, se soulager du poids qu’elle porte.

Ce qui m’a frappée dans ce roman, c’est la retenue de l’écriture. L’autrice ne dramatise pas, ne force jamais l’émotion. Elle laisse les situations parler d’elles-mêmes, parfois avec une ironie discrète, parfois avec une dureté dérangeante. Les relations sont imparfaites, les adultes faillibles, et l’amour, bien que présent, n’est jamais une solution miracle. La fin est volontairement ouverte. Elle laisse au lecteur la possibilité d’imaginer la suite. Cependant, je suis toujours ennuyée avec les fins ouvertes. J’ai toujours le sentiment que les auteurs ne prennent pas le temps d’achever leur œuvre, d’assumer leurs choix.

Malgré ce léger bémol, Paillettes est un roman juste et délicat qui interroge la manière dont on se construit quand les fondations sont fragiles. La version audio est vraiment très agréable à écouter, la lectrice ayant su mettre l’intonation et les émotions adéquates.

Note : 4 sur 5.

Un grand merci àNetGalley et Audiolib pour cette lecture audio. Ce roman vous tente, alors c’est par ici pour vous le procurer (lien affilié).

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