Résumé
Tokyo, décembre 1944. Embauché dans un centre de tri postal, Ren Mizuki y rencontre deux autres étudiants qui partagent sa passion pour la culture et l’art européens : Yuki, qui deviendra sa compagne, peintre elle aussi, et Bin, un violoniste promis à une carrière internationale, qui restera à jamais son frère d’élection. En 1945, Ren est appelé en Mandchourie dans l’enfer des combats. Défiguré, mutilé, il en rentre persuadé qu’il ne pourra plus jamais tenir un pinceau. L’amour de Yuki sera-t-il capable de renverser un destin ?
Mon ressenti
Tokyo, décembre 1944. Trois étudiants se rencontrent dans un centre de tri postal. Ren le peintre, Bin le violoniste, Yuki qui étudie la peinture et le français. Tous les trois sont passionnés de culture européenne, chose rare et presque honteuse à l’époque du Japon impérial. Dans ce contexte de guerre, Ren est mobilisé. D’abord comme « artiste de guerre » (peindre la gloire de l’Empire), puis comme fantassin car ses toiles sont trop réalistes, trop sombres. Il en revient mutilé, défiguré et amputé des deux mains. il réussit alors à se reconstruire grâce à Yuki qui devient sa femme, à Bin, et à sa passion viscérale pour la peinture. Ce roman traverse le temps de 1944 à 2024 et le monde, de Tokyo à Paris et Genève.
Ce trio est vraiment attachant, uni par l’amour de l’art et un désir d’ailleurs. Ren en est la figure centrale, inoubliable. Sa difficile reconstruction après la guerre est le cœur du roman. Bin s’exile en Europe, devient violoniste reconnu à Genève. Yuki, quant à elle, est la muse, l’épouse et la gardienne de l’œuvre de Ren. Et enfin, Hannah, la chienne Shiba de Ren, qui traverse le roman comme immortelle, symbole d’un lien puissant entre tous ces personnages.
La plume d’Akira Mizubayashi est poétique, délicate et singulière. Le roman est écrit en français par un Japonais, ce qui donne un mélange de pudeur japonaise et de construction stylistique française. Le roman reste exigeant car l’auteur fait le silence sur certaines choses et c’est au lecteur d’en comprendre le sens. Au travers du roman, j’ai pu ressentir l’amour qu’a le romancier pour l’art, la musique classique et la peinture. Et il m’a réellement donné envie d’écouter les grands compositeurs européens.
Contre toute attente, ce roman m’a bouleversée. Notamment grâce au personnage de Ren, symbole de force et résilience. C’est également un puissant hommage à l’art. Je le recommande chaudement, surtout aux amateurs de littérature japonaise et d’histoires sur le pouvoir de l’art.
Merci aux Editions Gallimard pour notre partenariat.

