Résumé
Virginie, petite-fille d’Eylau de Kerviléon, impitoyable propriétaire des Forges d’Hennebont, a été élevée pour devenir épouse et mère dans le respect de son rang. Jusqu’à sa rencontre avec un employé des forges, Adrien Le Guerno… Lorsqu’il découvre les injustices régnant dans les usines de Kerviléon, il organise la première grève. Virginie, choyée et protégée, ignore tout de la misère à sa porte, du quotidien des » métallurgistes en sabots « . Son amour pour Adrien lui ouvre enfin les yeux. Mais, à l’heure de la révolte, il la met aussi face à un terrible choix… Aura-t-elle le courage de se dresser contre sa famille pour devenir la » dame des Forges » ?
Mon ressenti
Ce roman historique se déroule autour des Forges d’Hennebont, près de Lorient. Nous y suivons Virginie de Kerviléon, héritière d’une famille puissante qui dirige alors les forges d’une main de fer. Son grand-père, Eylau de Kerviléon, organise son mariage avec Edmond Cossec pour servir les intérêts de la famille. Mais la jeune femme découvre peu à peu la misère des ouvriers. Sa rencontre avec Adrien Le Guerno, ouvrier courageux, va alors bouleverser sa vision du monde. Entre amour interdit et tensions sociales, le récit montre ainsi le fossé immense entre le château et les ateliers.
J’ai beaucoup aimé l’évolution de Virginie. Au début, elle accepte les décisions familiales sans vraiment se poser de questions. Mais au contact du monde ouvrier, elle ouvre les yeux et commence à remettre en cause l’ordre établi. Adrien, quant à lui, incarne la dignité du monde ouvrier, prêt à se rebeller et à faire un piquet de grève. Face à eux, Eylau de Kerviléon représente le patron autoritaire du XIXᵉ siècle, convaincu d’avoir toujours raison. Et s’il le pouvait, il ferait de ses ouvriers ses esclaves. C’est ces oppositions sociales et la force de Virginie qui rendent ce roman vraiment passionnant.
La plume de Nathalie de Broc est fluide et très immersive. Les descriptions des forges et de la vie ouvrière apportent un vrai réalisme au récit. On sent également que l’autrice s’est bien documentée sur cette période. J’ai particulièrement apprécié la dimension sociale du roman, qui montre la dureté du travail et les premières révoltes ouvrières. L’histoire d’amour reste plus classique, mais elle s’intègre bien à cette fresque historique.
Au final, La dame des forges est un donc roman que j’ai littéralement dévoré. C’est une belle découverte, surtout pour ceux qui aiment les romans historiques ancrés dans une région.
Merci aux Editions Palémon pour cette belle découverte.

