Résumé
Saint-Roustan, une ville qui n’existe pas mais qui ressemble pourtant à tant d’autres, avec ses traditions, ses célébrations, et certains habitants décalés voire complétement détraqués…
Avec cette adaptation en bande dessinée des chroniques méchamment drôles de Pierre-Emmanuel Barré sur radio Nova, les Rassilariennes et les Rassilariens gagnent enfin leurs lettres de noblesse…
Mon ressenti
Avec Les Chroniques de Saint-Roustan, on plonge dans un village totalement barré (comme son auteur)… mais étrangement familier. Ce bled imaginaire ressemble à toutes ces petites villes où tradition, absurdité et mauvaise foi cohabitent joyeusement. À travers une succession de scènes, on découvre ainsi des fêtes improbables, des décisions municipales discutables et surtout une population qui repousse les limites du bon sens. C’est grinçant, souvent borderline, parfois trash… Mais c’est terriblement efficace pour pointer du doigt nos travers bien humains. Seul bémol : si vous écoutiez déjà les chroniques radio, ce sont les mêmes mais avec les images en plus. J’aurais apprécié des nouveautés étant donné que ces chroniques ne sont plus renouvelées dans l’émission.
Du côté des personnages, nous avons une sacré galerie. Les habitants sont hauts en couleur, mais jamais réellement caricaturaux même quand tout part très loin. On reconnaît facilement “le voisin relou”, “le maire persuadé d’avoir toujours raison”, “le gars du bar qui a un avis sur tout”, bref… un condensé d’humanité. Cela rend cet humour noir un peu moins gratuit et beaucoup plus piquant.
Humour noir, satire assumée, irrévérence totale : l’auteur ne cherche pas à être sage. Si vous connaissez déjà l’auteur, alors ça ne vous surprendra pas. Si vous ne le connaissez pas, soyez averti qu’il peut aller loin. Ça tape là où ça fait mal et ça ne s’excuse jamais. Les pages façon gazette apportent un vrai plus, comme si on lisait les “nouvelles officielles” d’une ville en roue libre. Ce sont ces pages qui reprennent – si ce n’est mot à mot- la quasi totalité des chroniques radio. Côté dessin, les illustrateurs s’en donnent à cœur joie : expressif, parfois exagéré, toujours parfaitement raccord avec l’énergie du récit. Les illustrations reflètent parfaitement l’irrévérence de l’auteur.
Une BD complètement dingue, mordante et sans filtre, qui amuse autant qu’elle grince des dents. Si vous aimez l’humour noir, la satire sociale et les univers un peu déglingués, vous devriez passer un très bon moment à Saint-Roustan. Perso, j’ai ri, j’ai grimacé… et j’en redemande !
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